Hélène & René Guy Cadou
Site officiel René Guy Cadou.
Site officiel Hélène Cadou.
René Guy CADOU est un de nos plus grands poètes. Une vie très brève, une volonté farouche de ne pas « monter à Paris », une poésie aux thématiques liées à la nature, à la fraternité et à l’amour, mais aussi à la mort, un style poétique hors des modes ont marqué ses contemporains. Le poète a été salué par les plus grands dès ses premières publications, notamment Pierre Reverdy, Francis Jammes, Jean Giono, René Lacôte (critique littéraire aux Lettres françaises), et surtout Max Jacob avec qui il a entretenu une abondante correspondance. Avec Jean Bouhier, Michel Manoll, Luc Bérimont, Jean Rousselot et d’autres, il a fondé une « Ecole de Rochefort » (Rochefort sur Loire, entre Loire et Layon), mouvement d’amitié et d’échange poétique, « cour de récréation » et non « école » au sens normatif du terme.
Hélène CADOU a publié son œuvre poétique à partit de 1956. Son écriture poétique, brève et intense, ne doit rien à celle de René Guy CADOU, qu’elle rencontra en 1943, même si elle a consacré toute sa vie à la diffusion de l’œuvre de celui qui fut son mari. Reconnue par tous comme une des grandes œuvres poétiques contemporaines, la poésie d’Hélène Cadou a été couronnée par le Prix Verlaine en 1990. Son 23ème et dernier recueil, « Le Prince des lisières » a été publié en 2007 chez Rougerie.
Ce site a pour objet de contribuer à la diffusion de leur œuvre, de faire connaître les manifestations et activités développées à propos d’Hélène et René Guy CADOU, d’établir des liens entre tous ceux que leurs œuvres passionnent.
Celui qui entre par hasard
Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui Que chaque nœud du bois renferme davantage De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt II suffit qu'une lampe pose son cou de femme A la tombée du soir contre un angle verni Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris Car tel est le bonheur de cette solitude Qu'une caresse toute plate de la main Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes La légèreté d'un arbre dans le matin.
René Guy Cadou
Toi Dans une tour de soleil Toi Dans la terre Avec mes ongles retournés Toi N'en déplaise aux loups Qui cernent mon sommeil Toi Dans la mer A la pelure fraîche lavée Avec les mille doigts du bonheur Avec le fuseau des heures enlacées Avec les continents à la dérive Toi Dans la chambre où je veille Épaule contre ma joue Fougère qui parle dans les vitres Arbre du sang qui me dessine
Toi A plein coeur à pleine voix Toi Dans les souvenirs à venir Pour l'enfant que nous n'avons pas.
Hélène Cadou