Hélène & René Guy Cadou

Hélène Cadou a rejoint René Guy, paisiblement,  à l’aube du premier jour de l’été 2014.

Un hommage lui a été rendu Vendredi 27 juin à 17 h 30, en l’Hôtel de Ville de Nantes, en présence de Johanna Rolland, Maire de Nantes.

Les Journées du Patrimoine à la Demeure d’Hélène et René Guy Cadou à Louisfert lui seront consacrées, les 20 et 21 septembre 2014.

Lien vers la page d’hommage à Hélène Cadou


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René Guy CADOU est un de nos plus grands poètes. Une vie très brève, une volonté farouche de ne pas « monter à Paris », une poésie aux thématiques liées à la nature, à la fraternité et à l’amour, mais aussi à la mort, un style poétique hors des modes ont marqué ses contemporains. Le poète a été salué par les plus grands dès ses premières publications, notamment Pierre Reverdy, Francis Jammes, Jean Giono, René Lacôte (critique littéraire aux Lettres françaises), et surtout Max Jacob avec qui il a entretenu une abondante correspondance. Avec Jean Bouhier, Michel Manoll, Luc Bérimont, Jean Rousselot et d’autres, il a fondé une « Ecole de Rochefort » (Rochefort sur Loire, entre Loire et Layon), mouvement d’amitié et d’échange poétique, « cour de récréation » et non « école » au sens normatif du terme.

Hélène CADOU a publié son œuvre poétique à partir de 1956. Son écriture poétique, brève et intense, ne doit rien à celle de René Guy CADOU, qu’elle rencontra en 1943, même si elle a consacré toute sa vie à la diffusion de l’œuvre de celui qui fut son mari. Reconnue par tous comme une des grandes œuvres poétiques contemporaines, la poésie d’Hélène Cadou a été couronnée par le Prix Verlaine en 1990. Son 23ème et dernier recueil, « Le Prince des lisières » a été publié en 2007 chez Rougerie. Les premiers recueils ont été réédités en 2012 : « Le Bonheur du jour, suivi de Cantate des nuits intérieures », aux Editions Bruno Doucey.

Ce site a pour objet de contribuer à la diffusion de leur œuvre, de faire connaître les manifestations et activités développées à propos d’Hélène et René Guy CADOU, d’établir des liens entre tous ceux que leurs œuvres passionnent.

Celui qui entre par hasard

Celui qui entre par hasard dans la demeure d'un poète
Ne sait pas que les meubles ont pouvoir sur lui
Que chaque nœud du bois renferme davantage
De cris d'oiseaux que tout le cœur de la forêt
II suffit qu'une lampe pose son cou de femme
A la tombée du soir contre un angle verni
Pour délivrer soudain mille peuples d'abeilles
Et l'odeur de pain frais des cerisiers fleuris
Car tel est le bonheur de cette solitude
Qu'une caresse toute plate de la main
Redonne à ces grands meubles noirs et taciturnes
La légèreté d'un arbre dans le matin.

René Guy Cadou

Toi
Dans une tour de soleil
Toi
Dans la terre
Avec mes ongles retournés

Toi
N'en déplaise aux loups
Qui cernent mon sommeil
Toi
Dans la mer
A la pelure fraîche lavée

Avec les mille doigts du bonheur
Avec le fuseau des heures enlacées
Avec les continents à la dérive

Toi
Dans la chambre où je veille
Épaule contre ma joue
Fougère qui parle dans les vitres
Arbre du sang qui me dessine
Toi
A plein coeur à pleine voix
Toi
Dans les souvenirs à venir
Pour l'enfant que nous n'avons pas.

Hélène Cadou